Habitat Jeunes : Exigences législatives pour les évaluations et renouvellement des agréments

Les directeurs d’établissements sociaux se trouvent confrontés aux problématiques suivantes :

  • Mon établissement est-il prêt pour les évaluations internes et externes ?
  • Comment répondre aux exigences législatives et ne pas négliger les échéances de renouvellement des agréments prévus pour 2015 ?
  • Comment évaluer en continu et durablement ?

Jean Brosset, directeur du FJT « L’Escale » à Montluçon, nous livre son retour d’expérience sur sa démarche et sur la solution d’évaluation choisie : kalitiss. 22/11/2012

in&co mis en place depuis 2009, la solution kalitiss dans ce Foyer de Jeunes Travailleurs.
Elle a permis de réaliser les évaluations internes, et d’installer une vraie démarche qualité, avec un processus d’amélioration permanente. kalitiss est un parcours pédagogique original qui conjugue formation, management d’équipe et outil web avec film d’animation et logiciel de suivi de projet.
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Q1 : Comment voyez vous la démarche qualité dans le secteur Habitat Jeunes ?
Q2 : Pour répondre aux exigences législatives en matière d’évaluations internes et externes, pensez vous que les établissements de ce secteur soient prêts ?
Q3 : Dans votre structure, et avant le choix d’une solution d’évaluation, quelles étaient les problématiques que vous rencontriez ?
Q4 : Vous avez choisi, et mis en place une solution qualité depuis 2009 : kalitiss. Qu’est-ce qui vous a convaincu alors de choisir cette solution ?
Q5 : Avec le recul désormais acquis sur ce projet, quels sont les points forts de kalitiss par rapport notamment à une démarche d’évaluation ?
Q6 : Qu’est-ce que la solution kalitiss a apporté pour les différents acteurs (directeurs, responsables qualités, personnel, et le public des jeunes) ?
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Q1 : Comment voyez vous la démarche qualité dans le secteur Habitat Jeunes ?
Je préfèrerais parler de démarche de progrès. Le terme « qualité » peut être mal perçu par le public, et un peu galvaudé.« Démarche de progrès » décrit mieux cette méthodologie qui vise à améliorer en permanence nos pratiques.
Quoiqu’il en soit, cette démarche est un formidable outil pour mieux mettre en valeur nos propositions par rapport aux jeunes. Elle permet d’exprimer des choses très fortes. Les structures sont des lieux ressources pensés par et pour les jeunes.  Ils y trouveront un soutien logistique pour mettre en œuvre leur projet. Ils pourront même s’ils le souhaitent prendre une part active à la gestion de l’association.
La démarche de progrès permet également de mieux percevoir le fond du discours institutionnel et éclaire le projet associatif. Elle met en évidence une préoccupation que l’on a toujours eue : que fait-on, comment le fait-on, et quel est l’impact de nos actions ?
La démarche de progrès donne de la méthode, des contraintes, comme celle du temps (qui n’est pas forcément facile à gérer), mais sans lesquelles les choses ne se feraient pas. Elle permet d’établir un plan d’action.
Je peux la comparer à un entrainement quotidien pour un sportif : c’est un guide et elle conduit à un résultat.

Q2 : Pour répondre aux exigences législatives en matière d’évaluations internes et externes, pensez vous que les établissements de ce secteur soient prêts ?
Il convient de faire attention à la distance qui se creuse actuellement entre les structures qui n’ont rien mis en place et ceux qui ont mis en place, voir fait. Il ne faut pas négliger l’échéance de 2015 concernant les agréments. Lorsque les décisions seront prises sur l’attribution des financements, ce fossé sera alors difficile à rattraper.
Nos structures du réseau Auvergne n’ont pas adopté la démarche de progrès et la préparation aux évaluations par peur ou par contrainte, mais par choix, depuis un certain temps déjà. Je ne peux pas tirer de conclusion sur tout le secteur Habitat Jeunes, mais, toujours pour le réseau Auvergne, tous les établissements qui sont entrés dans la démarche ne sont pas loin d’être prêts ; En tout cas ils le seront pour les échéances fixées.
Attention à l’outil utilisé : une manière de répondre à ces exigences pourrait être de recourir à un expert qualité, qui pour un certain budget fournira la grille de la démarche qualité prête à appliquer. Mais je ne pense pas que ce soit cela qui est demandé par le législateur. Il s’agit d’une démarche dynamique, plus en profondeur, sur différents niveaux, et où tous les acteurs peuvent contribuer. C’est cela qui sera rassurant, et déterminant pour le renouvellement des agréments.

Q3 : Dans votre structure, et avant le choix d’une solution d’évaluation, quelles étaient les problématiques que vous rencontriez ?
La problématique centrale, spécifique aux résidences sociales et aux FJT, est que nous avons du mal à valoriser la spécificité de notre proposition, par rapport aux autres acteurs du champ social (missions locales, CHRS, foyers d’urgence, foyers éducatifs…). Une grande partie de notre travail est basée sur la construction de liens. Liens entre les jeunes accueillis et l’équipe des professionnels, liens entre les jeunes, avec les administrateurs de l’association. C’est ce lien de confiance qui produit le plus de fruits. Le jeune vit là où l’on travaille. Les activités collectives, les rencontres avec d’autres jeunes, tout s’établit autour du lien. Nous ne sommes pas dans une relation client – prestataire, l’humain compte beaucoup.  Nous voulons tirer les jeunes vers le haut, encourager la mixité et la participation à la vie de l’association. Par exemple dans nos structures, les jeunes font partie des instances dirigeantes : ils sont présents au bureau de l’association, au conseil d’administration et au conseil de vie sociale. Avant la mise en place de la solution d’évaluation kalitiss, ce sont des choses que l’on faisait, mais elles n’étaient pas aussi visibles de l’extérieur. Maintenant nous pouvons en parler, cela est valorisé en interne, et donc limpide en externe.
Autre problématique que nous avons réussi à résoudre, c’est de prouver que l’on se donne les moyens de notre ambition, et que la réussite est possible.
Nous avons également pu examiner les pratiques, suite à la mise en place de la démarche.

Q4 : Vous avez choisi, et mis en place une solution qualité depuis 2009 : kalitiss. Qu’est-ce qui vous a convaincu alors de choisir cette solution ?
Cette solution a été choisie dans l’ensemble des associations adhérentes à l’Union Régionale pour l’Habitat de Jeunes d’Auvergne. Une seule association n’avait pas souhaité intégrer cet élan collectif et vient finalement de rejoindre kalitiss. Il s’agissait de valoriser nos actions sur tout un territoire. Cependant l’aspect collectif de cette démarche est antérieur au choix de kalitiss : elle a commencé en 2006 avec  l’accompagnement de l’URIOPSS. Nous avons rédigé un référentiel, produit et écrit par les équipes. La hiérarchie a été peu normative, et a encouragé la production d’engagements et d’éléments d’évaluation. Cette production a été réalisée  sous forme de tableaux, sur des supports papiers. Mais lors de la mise en place du suivi et de l’évaluation, l’énormité du travail à faire dans chaque association est apparu. Avec le risque que le projet soit mis de côté et n’aboutisse pas. L’énergie qu’il fallait continuer à injecter était disproportionnée.
kalitiss est apparu alors comme le système qui allait éviter l’enlisement, en fournissant un cadre, un outil logiciel, et un accompagnement externe. Il y a eu un avant et un après kalitiss : l’élan de ce projet se dissipait, kalitiss l’a relancé et lui a posé des rails.

Q5 : Avec le recul désormais acquis sur ce projet, quels sont les points forts de kalitiss par rapport notamment à une démarche d’évaluation ?
Les 2 premiers points forts sont : de choisir et de partager son système d’évaluation.
Personnellement, j’ai travaillé dans une entreprise sur la mise en place de normes ISO et audits AFAQ. Ces systèmes devraient permettre de susciter une conscientisation des acteurs dans le système. Mais cela ne marche pas vraiment à mon sens. Certes le label est donné, mais la démarche est vécue comme une contrainte absolue, et mal supportée par les salariés. Voire même elle est assimilée à un contrôle, à la limite de l’intrusif.
La démarche kalitiss fonctionne, et est mieux adaptée au secteur habitat jeunes, car elle n’est pas imposée comme une norme. C’est une contrainte partagée des réalités professionnelles, vécue ensemble. Elle permet de s’affranchir de la démagogie et des contraintes ressenties comme « venant de l’extérieur ».
Le 3è point fort se situe au niveau économique : le rapport investissement / résultats est sans commune mesure, à mon avis, avec ce qui existe dans les autres systèmes commercialisés sur le marché. La mutualisation de la solution kalitiss permet d’une part une économie de budget -avec le partage des coûts entre plusieurs structures-, de temps, mais également un échange et une communication entre les équipes. Ce coût est adapté à l’économie de nos projets, car il est en phase avec les moyens et les budgets aléatoires que nous avons dans les structures sociales.
Enfin, la fédération des équipes et les échanges évoqués ci dessus conduisent à une démarche partagée et authentique.

Q6 : Qu’est-ce que la solution kalitiss a apporté pour les différents acteurs (directeurs, responsables qualités, personnel, et le public des jeunes) ?
- Au niveau des directeurs : kalitiss a permis de rendre visible des stratégies qui sans cette démarche étaient peu lisibles.  Elle a donné un outil stratégique exploitable, opérationnel, une stratégie partagée au sein de laquelle les efforts sont plus productifs.
- Au niveau des responsables qualité : kalitiss a donné l’occasion à des collaborateurs d’ouvrir un nouveau champ d’expression de leurs talents, une autre dimension à leur implication professionnelle.
- Au niveau du personnel : Tous les membres des équipes quelle que soit leur position hiérarchique ou leur métier ont travaillé ensemble dans la démarche. kalitiss a permis d’éclairer la contribution de chaque personne au projet global. Pour utiliser une image : personne n’est laissé au bord du chemin de la démarche. Que le métier de la personne soit cuisinier, femme de ménage, comptable, il y a une vraie valorisation du travail réalisé par des catégories souvent déconsidérées ou peu visibles. La formalisation des compétences, par exemple sous forme d’une check list du travail effectué avant l’entrée du jeune dans son logement, notament au niveau du ménage, permet d’expliquer et de communiquer sur ce sujet. Tout le personnel prend conscience qu’il contribue à la réussite du projet global.
- Au niveau des jeunes : Grâce aux outils comme les questionnaires de satisfaction de kalitiss, la parole des jeunes est entendue. Celà leur permet d’évoluer dans un espace ou un maximum de chances sont données. Elle permet la satisfaction avec une garantie d’objectivité.

Pour conclure de façon globale, kalitiss nous a mis dans la position d’athlètes : nous sommes bien entraînés et nous attendons le jour de la compétition avec impatience et sérénité. Nous avons des preuves à apporter, à montrer, nous sommes prêts pour l’évaluation externe. D’ailleurs, comme nous l’avons fait pour l’évaluation interne, nous n’allons pas attendre, mais vraisemblablement devancer l’évaluation externe. A mon sens kalitiss est une solution à recommander, et réellement compatible avec notre secteur, pour toutes les raisons évoquées précédemment.

 

 

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